Merci Jayce pour la découverte de
ce livre. Je n'en suis qu'à la page 25 mais déjà j'adore. Ce n'est pa si fréquent les bouquins où l'on accroche dès les premières pages et où l'on n'a qu'une envie c'est se plonger dedans pour
connaître la suite.
Ce livre est une mine d'or de réflexion par rapport à ce que je vis en ce moment dans ma vie. Je vous fais donc partager sans plus attendre quelques extraits des 25 premières pages qui m'ont
parlé...j'en ajouterai d'autres au fur et à mesure que j'avance dans ma lecture.
Page 13 et 14: "La passerelle se dérobait sous ses pas. Entre la coque du navire et le quai miroitait une eau sombre et lointaine.
Il pensa aux derniers mots de sa femme au moment de se quitter, dans l'appartement de la rue Wallin.
"Voici ce que tu désires depuis si longtemps."
Ils se tenaient dans la pénombre du vestibule. Elle devait l'accompagner jusqu'au bateau, mais, après voir enfilé un gant, elle avait hésité, tout comme lui un instant plus tôt sur la
passerelle.
Elle n'avait pas cherché à expliquer pourquoi les adieux lui semblaient soudain si pénibles. C'était inutile. Elle ne voulait pas se mettre à pleurer. Après neuf ans de mariage, il savait
qu'il lui en coûtait plus de se montrer en larmes que nue.
Ils se firent de rapides adieux. Il tenta de la convaincre qu'il n'était pas déçu qu'elle ne l'accompagne pas.
Au fond, il était soulagé.
Arrêté au milieu de la passerelle, il sentit le mouvement presque imperceptible du navire. Elle avait raison, il souhaitait partir. Mais il ne savait pas au juste ce qu'il désirait vraiment.
Cachait-il un secret qu'il ignorait lui-même?
Il aimait profondément sa femme. A chaque voyage de service, au moment de la quitter, il profitait d'un baiser rapide pour s'imprégner en cachette du parfum de sa peau. Il emmagasinait
ce parfum, comme un bon vin, ou peut-être de l'opium, pour le ressortir lorsqu'il se sentait abandonné au point de perdre la maîtrise de soi......
C'était un solitaire. Sa solitude était un gouffre où il redoutait d'avoir un jour à se précipiter. Il avait calculé qu'il faudrait au moins 40 mètres de fond, et qu'il devrait se
jeter la tête la première pour être sûr de se tuer.
Ses tout premiers souvenirs étaient des distances: entre lui et sa mère, entre sa mère et son père, entre le sol et le plafond, entre l'inquétude et la joie. Sa vie entière se résumait à des
distances à mesurer, à raccourcir ou à rallonger. C'était un solitaire, toujours à la recherche de nouvelles distances: une façon de conjurer le sort, de dompter les mouvements du temps et de
l'espace.
Aussi loin qu'il pouvait se souvenir, la solitude avait toujours été pour lui une seconde peau.
Kristina Tacker n'était pas seulement sa femme. Elle était aussi le couvercle invisible qu'il avait placé au-dessus du gouffre."
Page 16: "Tobiasson-Svartman pensa à part soi: je cherche en moi des terres inconnues, des fonds que personne encore n'a sondés, des cavités
inattendues. C'est aussi en moi-même que je dois cartographier et baliser des routes parfaitement sûres."
Page 21: "Ici commence et finit un pays. Une calotte rocheuse qui relève insensiblement le dos. Une calotte qu'on appelle la Suède.
Il avança jusqu'au bastingage et se pencha sur l'eau grise, couleur de plomb, qui écumait sur le flanc du navire. La mer ne lâche jamais prise, songea-t-il. La mer ne se rend jamais.
L'hiver, elle est comme une peau gelée. L'automne est une attente immobile, avec les brusques clameurs des vents volubiles. L'été n'est qu'un reflet fugace dans le miroir de l'eau.
La mer, l'émergence des terres, tout ce mystère ressemble au lent mouvement de l'enfance vers la maturité et la mort. En chaque être humain, la terre sort des eaux. De la mer viennent tous
nos souvenirs.
La mer est un rêve qui ne rend pas les armes.
Il sourit. Ma femme ne veut pas que je la vois pleurer. Peut-être est-ce pour les mêmes raisons, peu importe lesquelles, que je ne veux pas lui montrer qui je suis, seul face à la
mer?....
Les récifs et les écueils ne sont pas seulement des animaux, pensa-t-il. Ce sont aussi des pierres qui peu à peu s'arrachent à la mer. Il n'y a pas de liberté sans lutte. Mais ces
pierres sont aussi le temps. Elles émergent lentement de la mer qui ne lâche jamais prise."
Page 23: "Il pensa: la cabine est un point. Je me trouve en ce moment au centre de ce point. A l'avenir, il existera des instuments de mesure
assez précis pour déterminer à chaque instant donné la position exacte de cette cabine, en longitude et latitude. Cette position sera déterminée en une fraction de seconde sur une carte du
monde. Alors, il n'y aura plus de place pour les dieux. Qui aura besoin d'un dieu, quand on pourra déterminer la position exacte d'un homme, quand sa position intérieure coïncidera avec
sa position dans l'espace? Tous ceux qui spéculent sur la religion et la superstition devront chercher un autre gagne-pain. Les charlatans et les hydrographes se trouvent irrévocablement de part
et d'autre d'une invisible ligne de partage. Pas la ligne de chngement de date, ou le méridien zéro, mais la ligne qui sépare ce qu'on peut mesurer de ce qui n'a pas de dimension, et qui par
conséquent n'existe pas."
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Mercredi soir, la 2ème saison de "Fais pas ci fais pas ça" (souvenez-vous je vous en avais parlé







